Sourate 1
AL-FATIHA (PROLOGUE ou OUVERTURE)
7 versets Pré-Hégire
1. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
2. Louange à Dieu, Seigneur de l'univers.
3. Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux,
4. Maître du Jour de la rétribution.
5. C'est Toi [Seul] que nous adorons, et c'est Toi [Seul] dont nous implorons secours.
6. Guide-nous dans le droit chemin,
7. le chemin de ceux que Tu as comblés de faveurs, non pas de ceux qui ont encouru Ta colère, ni des égarés
Sourate 2
Al-BAQARAH (LA VACHE)
286 versets
Post-Hégire
Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
1. Alif, Lam, Mim.
2. C'est le Livre au sujet duquel il n'y a aucun doute, c'est un guide pour les pieux.
3. qui croient à l'invisible et accomplissent la prière et dépensent [dans l'obéissance à Dieu], de ce que Nous leur avons attribué
4. Ceux qui croient à ce qui t'a été descendu (révélé) et à ce qui a été descendu avant toi et qui croient fermement à la vie future.
5. Ceux-là sont sur le bon chemin de leur Seigneur, et ce sont eux qui réussissent (dans cette vie et dans la vie future).
6. [Mais] certes les infidèles ne croient pas, cela leur est égal, que tu les avertisses ou non : ils ne croiront jamais.
7. Dieu a scellé leurs coeurs et leurs oreilles; et un voile épais leur couvre la vue; et pour eux il y aura un grand châtiment.
8. Parmi les gens, il y a ceux qui disent : "Nous croyons en Dieu et au Jour dernier ! » tandis qu'en fait, ils n'y croient pas.
9. Ils cherchent à tromper Dieu et les croyants; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, et ils ne s'en rendent pas compte.
10. Il y a dans leurs coeurs une maladie (de doute et d'hypocrisie), et Dieu laisse croître leur maladie. Ils auront un châtiment douloureux, pour avoir menti.
11. Et quand on leur dit : "Ne semez pas la corruption sur la terre», ils disent : "Au contraire nous ne sommes que des réformateurs ! »
12. Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s'en rendent pas compte.
13. Et quand on leur dit : "Croyez comme les gens ont cru», ils disent : "Croirons-nous comme ont cru les faibles d'esprit ? » Certes, ce sont eux les véritables faibles d'esprit, mais ils ne le savent pas.
14. Quand ils rencontrent ceux qui ont cru, ils disent : "Nous croyons»; mais quand ils se trouvent seuls avec leurs diables, ils disent : "Nous sommes avec vous; en effet, nous ne faisions que nous moquer (d'eux)».
15. C'est Dieu qui Se moque d'eux et les endurcira dans leur révolte et prolongera sans fin leur égarement.
16. Ce sont eux qui ont troqué le droit chemin contre l'égarement. Eh bien, leur négoce n'a point profité. Et ils ne sont pas sur la bonne voie.
17. Ils ressemblent à quelqu'un qui a allumé un feu; puis quand le feu a illuminé tout à l'entour, Dieu a fait disparaître leur lumière et les a abandonnés dans les ténèbres où ils ne voient plus rien.
18. Sourds, muets, aveugles, ils ne peuvent donc pas revenir (de leur égarement).
19. [On peut encore les comparer à ces gens qui, ] au moment où les nuées éclatent en pluies, chargées de ténèbres, de tonnerre et éclairs, se mettent les doigts dans les oreilles, terrorisés par le fracas de la foudre et craignant la mort; et Dieu encercle de tous côtés les infidèles.
20. L'éclair presque leur emporte la vue : chaque fois qu'il leur donne de la lumière, ils avancent; mais dès qu'il fait obscur, ils s'arrêtent. Si Dieu le voulait Il leur enlèverait certes l'ouïe et la vue, car Dieu a pouvoir sur toute chose.
21. Ô hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés. Ainsi atteindriez-vous à la piété.
22. C'est Lui qui vous a fait la terre pour lit, et le ciel pour toit; qui précipite la pluie du ciel et par elle fait surgir toutes sortes de fruits pour vous nourrir, ne Lui cherchez donc pas des égaux, alors que vous savez (tout cela).
23. Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, (les idoles) que vous adorez en dehors de Dieu, si vous êtes véridiques.
24. Si vous n'y parvenez pas et, à coup sûr, vous n'y parviendrez jamais, parez-vous donc contre le feu qu'alimenteront les hommes et les pierres, lequel est réservé aux infidèles.
25. Annonce à ceux qui croient et pratiquent de bonnes oeuvres qu'ils auront pour demeures des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux; chaque fois qu'ils seront gratifiés d'un fruit des jardins ils diront : "C'est bien là ce qui nous avait été servi auparavant». Or c'est quelque chose de semblable (seulement dans la forme); ils auront là des épouses pures, et là ils demeureront éternellement.
26. Certes, Dieu ne se gêne point de citer en exemple n'importe quoi : un moustique ou quoi que ce soit au-dessus; quant aux croyants, ils savent bien qu'il s'agit de la vérité venant de la part de leur Seigneur; quant aux infidèles, ils se demandent "Qu'a voulu dire Dieu par un tel exemple ? ». Par cela, nombreux sont ceux qu'Il égare et nombreux sont ceux qu'Il guide; mais Il n'égare par cela que les pervers,
27. qui rompent le pacte qu'ils avaient fermement conclu avec Dieu, coupent ce que Dieu a ordonné d'unir, et sèment la corruption sur la terre. Ceux-là sont les vrais perdants.
28. Comment pouvez-vous renier Dieu alors qu'Il vous a donné la vie, quand vous en étiez privés ? Puis Il vous fera mourir; puis Il vous fera revivre et enfin c'est à Lui que vous retournerez.
29. C'est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre, puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel et en fit sept cieux. Et Il est Omniscient.
30. Lorsque Ton Seigneur confia aux Anges : "Je vais établir sur la terre un vicaire "Khalifa". Ils dirent : "Vas-Tu y désigner un qui y mettra le désordre et répandra le sang, quand nous sommes là à Te sanctifier et à Te glorifier ? » - Il dit : "En vérité, Je sais ce que vous ne savez pas ! ».
31. Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit : "Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques ! » (dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu'Adam).
32. - Ils dirent : "Gloire à Toi ! Nous n'avons de savoir que ce que Tu nous a appris. Certes c'est Toi l'Omniscient, le Sage».
33. - Il dit : "Ô Adam, informe-les de ces noms;» Puis quand celui-ci les eut informés de ces noms, Dieu dit : "Ne vous ai-Je pas dit que Je connais les mystères des cieux et de la terre, et que Je sais ce que vous divulguez et ce que vous cachez ? »
34. Et lorsque Nous demandâmes aux Anges de se prosterner devant Adam, ils se prosternèrent à l'exception d'Iblis qui refusa, s'enfla d'orgueil et fut parmi les infidèles.
35. Et Nous dîmes : "Ô Adam, habite le Paradis toi et ton épouse, et nourrissez-vous-en de partout à votre guise; mais n'approchez pas de l'arbre que voici : sinon vous seriez du nombre des injustes».
36. Peu de temps après, Satan les fit glisser de là et les fit sortir du lieu où ils étaient. Et Nous dîmes : "Descendez (du Paradis); ennemis les uns des autres. Et pour vous il y aura une demeure sur la terre, et un usufruit pour un temps.
37. Puis Adam reçut de son Seigneur des paroles, et Dieu agréa son repentir car c'est Lui certes, le Repentant, le Miséricordieux.
38. - Nous dîmes : "Descendez d'ici, vous tous ! Toutes les fois que Je vous enverrai un guide, ceux qui [le] suivront n'auront rien à craindre et ne seront point affligés».
39. Et ceux qui ne croient pas (à nos messagers) et traitent de mensonge Nos révélations, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement.
40. Ô enfants d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés. Si vous tenez vos engagements vis-à-vis de Moi, Je tiendrai les miens. Et c'est Moi que vous devez redouter.
41. Et croyez à ce que J'ai fait descendre, en confirmation de ce qui était déjà avec vous; et ne soyez pas les premiers à le rejeter. Et n'échangez pas Mes révélations contre un vil prix. Et c'est Moi que vous devez craindre.
42. Et ne mêlez pas le faux à la vérité. Ne cachez pas sciemment la vérité.
43. Et accomplissez la prière, et acquittez la Zakat, et inclinez-vous avec ceux qui s'inclinent.
44. Commanderez-vous aux gens de faire le bien, et vous oubliez vous-mêmes de le faire, alors que vous récitez le Livre ? Êtes-vous donc dépourvus de raison ? .
45. Et cherchez secours dans l'endurance et la prière : certes, la prière est une lourde obligation, sauf pour les humbles,
46. qui ont la certitude de rencontrer leur Seigneur (après leur résurrection) et retourner à Lui seul.
47. Ô enfants d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés, (Rappelez-vous) que Je vous ai préférés à tous les peuples (de l'époque).
48. Et redoutez le jour où nulle âme ne suffira en quoi que ce soit à une autre; où l'on n'acceptera d'elle aucune intercession; et où on ne recevra d'elle aucune compensation. Et ils ne seront point secourus.
49. Et [rappelez-vous], lorsque Nous vous avons délivrés des gens de Pharaon, qui vous infligeaient le pire châtiment : en égorgeant vos fils et épargnant vos femmes. C'était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur.
50. Et [rappelez-vous], lorsque Nous avons fendu la mer pour vous donner passage ! .. Nous vous avons donc délivrés, et noyé les gens de Pharaon, tandis que vous regardiez.
51. Et [rappelez-vous], lorsque Nous donnâmes rendez-vous à Moïse pendant quarante nuits ! .. Puis en son absence vous avez pris le Veau pour idole alors que vous étiez injustes (à l'égard de vous mêmes en adorant autre que Dieu).
52. Mais en dépit de cela Nous vous pardonnâmes, afin que vous reconnaissiez (Nos bienfaits à votre égard).
53. Et [rappelez-vous], lorsque Nous avons donné à Moïse le Livre et le Discernement afin que vous soyez guidés.
54. Et [rappelez-vous], lorsque Moïse dit à son peuple : "Ô mon peuple, certes vous vous êtes fait du tort à vous-mêmes en prenant le Veau pour idole. Revenez donc à votre Créateur; puis, tuez donc les coupables vous-mêmes : ce serait mieux pour vous, auprès de votre Créateur» ! ... C'est ainsi qu'Il agréa votre repentir; car c'est Lui, certes, le Repentant et le Miséricordieux !
55. Et [rappelez-vous], lorsque vous dites : " Ô Moïse, nous ne te croirons qu'après avoir vu Dieu clairement» ! ... Alors la foudre vous saisit tandis que vous regardiez.
56. Puis Nous vous ressuscitâmes après votre mort afin que vous soyez reconnaissants.
57. Et Nous vous couvrîmes de l'ombre d'un nuage, et fîmes descendre sur vous la manne et les cailles : - "Mangez des délices que Nous vous avons attribués ! » - Ce n'est pas à Nous qu'ils firent du tort, mais ils se firent tort à eux-mêmes.
58. Et [rappelez-vous], lorsque Nous dîmes : "Entrez dans cette ville, et mangez-y à l'envie où il vous plaira; mais entrez par la porte en vous prosternant et demandez la "rémission» (de vos péchés); Nous vous pardonnerons vos fautes si vous faites cela et donnerons davantage de récompense pour les bienfaisants.
59. Mais, à ces paroles, les pervers en substituèrent d'autres, et pour les punir de leur fourberie Nous leur envoyâmes du ciel un châtiment avilissant.
60. Et [rappelez-vous], quand Moïse demanda de l'eau pour désaltérer son peuple, c'est alors que Nous dîmes : "Frappe le rocher avec ton bâton.» Et tout d'un coup, douze sources en jaillirent, et certes, chaque tribu sut où s'abreuver ! - "Mangez et buvez de ce que Dieu vous accorde; et ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre».
61. Et [rappelez-vous], quand vous dîtes : "Ô Moïse, nous ne pouvons plus tolérer une seule nourriture. Prie donc ton Seigneur pour qu'Il nous fasse sortir de la terre ce qu'elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail (ou blé), ses lentilles et ses oignons ! » - Il vous répondit : "Voulez-vous échanger le meilleur pour le moins bon ? Descendez donc à n'importe quelle ville; vous y trouverez certainement ce que vous demandez ! ». L'avilissement et la misère s'abattirent sur eux; ils encoururent la colère de Dieu. Cela est parce qu'ils reniaient les révélations de Dieu, et qu'ils tuaient sans droit les prophètes. Cela parce qu'ils désobéissaient et transgressaient.
62. Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens, et les Sabéens, quiconque d'entre eux a cru en Dieu, au Jour dernier et accompli de bonnes oeuvres, sera récompensé par son Seigneur; il n'éprouvera aucune crainte et il ne sera jamais affligé.
63. (Et rappelez vous), quand Nous avons contracté un engagement avec vous et brandi sur vous le Mont - : "Tenez ferme ce que Nous vous avons donné et souvenez-vous de ce qui s'y trouve afin que vous soyez pieux ! »
64. Puis vous vous en détournâtes après vos engagements, n'eût été donc la grâce de Dieu et Sa miséricorde, vous seriez certes parmi les perdants.
65. Vous avez certainement connu ceux des vôtres qui transgressèrent le Sabbat. Et bien Nous leur dîmes : "Soyez des singes abjects ! »
66. Nous fîmes donc de cela un exemple pour les villes qui l'entouraient alors et une exhortation pour les pieux.
67. (Et rappelez-vous,) lorsque Moïse dit à son peuple : "Certes Dieu vous ordonne d'immoler une vache». Ils dirent : "Nous prends-tu en moquerie ? » "que Dieu me garde d'être du nombre des ignorants» dit-il.
68. - Ils dirent : "Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle doit être». - Il dit : "Certes Dieu dit que c'est bien une vache, ni vieille ni vierge, d'un âge moyen, entre les deux. Faites donc ce qu'on vous commande».
69. - Ils dirent : "Demande donc pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise sa couleur». - Il dit : "Dieu dit que c'est une vache jaune, de couleur vive et plaisante à voir».
70. - Ils dirent : "Demande pour nous à ton Seigneur qu'Il nous précise ce qu'elle est car pour nous, les vaches se confondent. Mais, nous y serions certainement bien guidés, si Dieu le veut».
71. - Il dit : "Dieu dit que c'est bien une vache qui n'a pas été asservie à labourer la terre ni à arroser le champ, indemne d'infirmité et dont la couleur est unie». - Ils dirent : "Te voilà enfin, tu nous as apporté la vérité ! » Ils l'immolèrent alors mais il s'en fallut qu'ils ne l'eussent pas fait.
72. Et quand vous aviez tué un homme et que chacun de vous cherchait à se disculper ! ... Mais Dieu démasque ce que vous dissimuliez.
73. Nous dîmes donc : "Frappez le tué avec une partie de la vache». - Ainsi Dieu ressuscite les morts et vous montre les signes (de Sa puissance) afin que vous raisonniez.
74. Puis, et en dépit de tout cela, vos coeurs se sont endurcis; ils sont devenus comme des pierres ou même plus durs encore; car il y a des pierres d'où jaillissent les ruisseaux, d'autres se fendent pour qu'en surgisse l'eau, d'autres s'affaissent par crainte de Dieu. Et Dieu n'est certainement jamais inattentif à ce que vous faites.
75. - Eh bien, espérez-vous [Musulmans], que des pareils gens (les Juifs) vous partageront la foi ? alors qu'un groupe d'entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, la falsifièrent sciemment.
76. - Et quand ils rencontrent des croyants, ils disent : "Nous croyons»; et, une fois seuls entre eux, ils disent : "Allez-vous confier aux musulmans ce que Dieu vous a révélé pour leur fournir, ainsi, un argument contre vous devant votre Seigneur ! Êtes-vous donc dépourvus de raison ? ».
77. - Ne savent-ils pas qu'en vérité Dieu sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent ?
78. Et il y a parmi eux des illettrés qui ne savent rien du Livre hormis des prétentions et ils ne font que des conjectures.
79. Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant de Dieu pour en tirer un vil profit ! - Malheur à eux, donc , à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu'ils en profitent !
80. Et ils ont dit : "Le Feu ne nous touchera que pour quelques jours comptés ! » Dis : "Auriez-vous pris un engagement avec Dieu - car Dieu ne manque jamais à Son engagement; - non, mais vous dites sur Dieu ce que vous ne savez pas».
81. Bien au contraire ! Ceux qui font le mal et qui se font cerner par leurs péchés, ceux-là sont les gens du Feu où ils demeureront éternellement.
82. Et ceux qui croient et pratiquent les bonnes oeuvres, ceux-là sont les gens du Paradis où ils demeureront éternellement.
83. Et [rappelle-toi], lorsque Nous avons pris l'engagement des enfants d'Israël de n'adorer que Dieu, de faire le bien envers les pères, les mères, les proches parents, les orphelins et les nécessiteux, d'avoir de bonnes paroles avec les gens; d'accomplir régulièrement la prière et d'acquitter le Zakat ! - Mais à l'exception d'un petit nombre de vous, vous manquiez à vos engagements en vous détournant de Nos commandements.
84. Et rappelez-vous, lorsque Nous obtînmes de vous l'engagement de ne pas vous verser le sang, [par le meurtre] de ne pas vous expulser les uns les autres de vos maisons. Puis vous y avez souscrit avec votre propre témoignage.
85. Quoique ainsi engagés, voilà que vous vous entre-tuez, que vous expulsez de leurs maisons une partie d'entre vous contre qui vous prêtez main forte par péché et agression. Mais quelle contradiction ! Si vos coreligionnaires vous viennent captifs vous les rançonnez alors qu'il vous était interdit de les expulser (de chez eux). Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste ? Ceux d'entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l'ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection ils serons refoulés au plus dur châtiment, et Dieu n'est pas inattentif à ce que vous faites.
86. Voilà ceux qui échangent la vie présente contre le vie future. Eh bien, leur châtiment ne sera pas diminué. Et ils ne seront point secourus.
87. Certes, Nous avons donné le Livre à Moïse; Nous avons envoyé après lui des prophètes successifs. Et Nous avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et Nous l'avons renforcé du Saint-Esprit (Gabriel). Est-ce qu'à chaque fois, qu'un Messager vous apportait des vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d'orgueil ? Vous traitiez les uns d'imposteurs et vous tuiez les autres.
88. Et ils dirent : "Nos coeurs sont enveloppés et impénétrables» - Non mais Dieu les a maudits à cause de leur infidélité, leur foi est donc médiocre.
89. Et quant leur vint de Dieu un Livre confirmant celui qu'ils avaient déjà, - alors qu'auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants, - quand donc leur vint cela même qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y croire. Que la malédiction de Dieu soit sur les mécréants !
90. Comme est vil ce contre quoi ils ont troqué leurs âmes ! Ils ne croient pas en ce que Dieu a fait descendre, révoltés à l'idée que Dieu, de part Sa grâce, fasse descendre la révélation sur ceux de Ses serviteurs qu'Il veut. Ils ont donc acquis colère sur colère, car un châtiment avilissant attend les infidèles !
91. Et quand on leur dit : "Croyez à ce que Dieu a fait descendre», ils disent : "Nous croyons à ce qu'on a fait descendre à nous». Et ils rejettent le reste, alors qu'il est la vérité confirmant ce qu'il y avait déjà avec eux. - Dis : "Pourquoi donc avez-vous tué auparavant les prophètes de Dieu, si vous étiez croyants ? ».
92. Et en effet Moïse vous est venu avec les preuves. Malgré cela, une fois absent vous avez pris le Veau pour idole, alors que vous étiez injustes.
93. Et rappelez-vous, lorsque Nous avons pris l'engagement de vous, et brandi sur vous At-Tur (le Mont Sinaï) en vous disant : "Tenez ferme à ce que Nous vous avons donné, et écoutez ! ». Ils dirent : "Nous avons écouté et désobéi». Dans leur impiété, leurs coeurs étaient passionnément épris du Veau (objet de leur culte). Dis[-leur]: "Quelles mauvaises prescriptions ordonnées par votre foi, si vous êtes croyants».
94. - Dis : "Si l'Ultime demeure auprès de Dieu est pour vous seuls, à l'exclusion des autres gens, souhaitez donc la mort [immédiate] si vous êtes véridiques ! »
95. Or, ils ne le souhaiteront jamais, sachant tout le mal qu'ils ont perpétré de leurs mains. Et Dieu connaît bien les injustes.
96. Et certes tu les trouveras les plus attachés à la vie [d'ici-bas], pire en cela que les Associateurs. Tel d'entre eux aimerait vivre mille ans. Mais une pareille longévité ne le sauvera pas du châtiment ! Et Dieu voit bien leurs actions.
97. Dis : "Quiconque est ennemi de Gabriel doit connaître que c'est lui qui, avec la permission de Dieu, a fait descendre sur ton coeur cette révélation qui déclare véridiques les messages antérieurs et qui sert aux croyants de guide et d'heureuse annonce».
98. [Dis : ] "Quiconque est ennemi de Dieu, de Ses anges, de Ses messagers, de Gabriel et de Michaël... [Dieu sera son ennemi] car Dieu est l'ennemi des infidèles».
99. Et très certainement Nous avons fait descendre vers toi des signes évidents. Et seuls les pervers n'y croient pas.
100. Faudrait-il chaque fois qu'ils concluent un pacte, qu'une partie d'entre eux le dénonce ? C'est que plutôt la plupart d'entre eux ne sont pas croyants.
101. Et quand leur vint de Dieu un messager confirmant ce qu'il y avait déjà avec eux, certains à qui le Livre avait été donné, jetèrent derrière leur dos le Livre de Dieu comme s'ils ne savaient pas !
102. Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Solayman. Alors que Solayman n'a jamais été mécréant mais bien les diables : ils enseignent aux gens la magie ainsi que ce qui est descendu aux deux anges Harout et Marout, à Babylone; mais ceux-ci n'enseignaient rien à personne, qu'ils n'aient dit d'abord : "Nous ne sommes rien qu'une tentation : ne soit pas mécréant»; ils apprennent auprès d'eux ce qui sème la désunion entre l'homme et son épouse. Or ils ne sont capables de nuire à personne qu'avec la permission de Dieu. Et les gens apprennent ce qui leur nuit et ne leur est pas profitable. Et ils savent, très certainement, que celui qui acquiert [ce pouvoir] n'aura aucune part dans l'au-delà. Certes, quelle détestable marchandise pour laquelle ils ont vendu leurs âmes ! Si seulement ils savaient !
103. Et s'ils croyaient et vivaient en piété, une récompense de la part de Dieu serait certes meilleure. Si seulement ils savaient !
104. Ô vous qui croyez ! Ne dites pas : "Raina» (favorise-nous) mais dites : "Onzurna» (regarde-nous); et écoutez ! Un châtiment douloureux sera pour les infidèles.
105. Ni les mécréants parmi les gens du Livre, ni les Associateurs n'aiment qu'on fasse descendre sur vous un bienfait de la part de votre Seigneur, alors que Dieu réserve à qui Il veut sa Miséricorde. Et c'est Dieu le Détenteur de l'abondante grâce.
106. Si Nous abrogeons un verset quelconque ou que Nous le fassions oublier, Nous en apportons un meilleur, ou un semblable. Ne sais-tu pas que Dieu est Omnipotent ?
107. Ne sais-tu pas qu'à Dieu, appartient le royaume des cieux et de la terre, et qu'en dehors de Dieu vous n'avez ni protecteur ni secoureur ?
108. Voudriez-vous interroger votre Messager comme auparavant on interrogea Moïse ? Quiconque substitue la mécréance à la foi s'égare certes du droit chemin.
109. Nombre de gens du Livre aimeraient par jalousie de leur part, pouvoir vous rendre mécréants après que vous ayez cru. Et après que la vérité s'est manifestée à eux ? Pardonnez et oubliez jusqu'à ce que Dieu fasse venir Son commandement. Dieu est très certainement Omnipotent !
110. Et accomplissez la prière et acquittez la Zakat. Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès de Dieu, car Dieu voit parfaitement ce que vous faites.
111. Et ils ont dit : "Nul n'entrera au Paradis que Juifs ou Chrétiens». Voilà leurs chimères. - Dis : "Donnez votre preuve, si vous êtes véridiques».
112. Non, mais quiconque soumet à Dieu son être tout en faisant le bien, aura sa rétribution auprès de son Seigneur. Pour eux, nulle crainte, et ils ne seront point attristés.
113. Et les Juifs disent : "Les Chrétiens ne tiennent sur rien»; et les Chrétiens disent : "Les Juifs ne tiennent sur rien», alors qu'ils lisent le Livre ! De même ceux qui ne savent rien tiennent un langage semblable au leur. Eh bien, Dieu jugera sur ce quoi ils s'opposent, au Jour de la Résurrection.
114. Qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées de Dieu, on mentionne Son Nom, et qui s'efforce à les détruire ? De tels gens ne devraient y entrer qu'apeurés. Pour eux, ignominie ici-bas, et dans l'au-delà un énorme châtiment.
115. A Dieu seul appartiennent l'Est et l'Ouest. Où que vous vous tourniez, la Face (direction) de Dieu est donc là, car Dieu a la grâce immense; Il est Omniscient.
116. Et ils ont dit : "Dieu s'est donné un fils» ! Gloire à Lui ! Non ! mais c'est à Lui qu'appartient ce qui est dans les cieux et la terre et c'est à Lui que tous obéissent.
117. Il est le Créateur des cieux et de la terre à partir du néant ! Lorsqu'Il décide une chose, Il dit seulement : «Sois», et elle est aussitôt.
118. Et ceux qui ne savent pas on dit : "Pourquoi Dieu ne nous parle-t-Il pas [directement], ou pourquoi un signe ne nous vient-il pas» ? De même, ceux d'avant eux disaient une parole semblable. Leurs coeurs se ressemblent. Nous avons clairement exposé les signes pour des gens qui ont la foi ferme.
119. Certes, Nous t'avons envoyé avec la vérité, en annonciateur et avertisseur; et on ne te demande pas compte des gens de l'Enfer.
120. Ni les Juifs, ni les Chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi, jusqu'à ce que tu suives leur religion. - Dis : «Certes, c'est la direction de Dieu qui est la vraie direction». Mais si tu suis leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu n'auras contre Dieu ni protecteur ni secoureur.
121. Ceux à qui Nous avons donné le Livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient. Et ceux qui n'y croient pas sont les perdants.
122. Ô enfants d'Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés et que Je vous ai favorisés par dessus le reste du monde (de leur époque).
123. Et redoutez le jour où nulle âme ne bénéficiera à une autre, où l'on n'acceptera d'elle aucune compensation, et où aucune intercession ne lui sera utile. Et ils ne seront pas secourus.
124. [Et rappelle-toi,] quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certains commandements, et qu'il les eut accomplis, le Seigneur lui dit : «Je vais faire de toi un exemple à suivre pour les gens». - «Et parmi ma descendance» ? demanda-t-il. - «Mon engagement, dit Dieu, ne s'applique pas aux injustes».
125. [Et rappelle-toi], quand nous fîmes de la Maison un lieu de visite et un asile pour les gens - Adoptez donc pour lieu de prière, ce lieu où Abraham se tint debout - Et Nous confiâmes à Abraham et à Ismaël ceci : "Purifiez Ma Maison pour ceux qui tournent autour, y font retraite pieuse, s'y inclinent et s'y prosternent.
126. Et quand Abraham supplia : «Ô mon Seigneur, fais de cette cité un lieu de sécurité, et fais attribution des fruits à ceux qui parmi ses habitants auront cru en Dieu et au Jour dernier», le Seigneur dit : "Et quiconque n'y aura pas cru, alors Je lui concéderai une courte jouissance [ici-bas], puis Je le contraindrai au châtiment du Feu [dans l'au-delà]. Et quelle mauvaise destination» !
127. Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison : "Ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c'est Toi l'Audient, l'Omniscient.
128. Notre Seigneur ! Fais de nous Tes Soumis, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c'est Toi certes l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux.
129. Notre Seigneur ! Envoie l'un des leurs comme messager parmi eux, pour leur réciter Tes versets, leur enseigner le Livre et la Sagesse, et les purifier. Car c'est Toi certes le Puissant, le Sage !
130. Qui donc aura en aversion la religion d'Abraham, sinon celui qui sème son âme dans la sottise ? Car très certainement Nous l'avons choisi en ce monde; et, dans l'au-delà, il est certes du nombre des gens de bien.
131. Quand son Seigneur lui avait dit : «Soumets-toi», il dit : "Je me soumets au Seigneur de l'Univers».
132. Et c'est ce que Abraham recommanda à ses fils, de même que Jacob : "Ô mes fils, certes Dieu vous a choisi la religion : ne mourrez point, donc , autrement qu'en Soumis» ! (à Dieu).
133. Étiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu'il dit à ses fils : "Qu'adorerez-vous après moi» ? - Ils répondirent : "Nous adorerons ta divinité et la divinité de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, Divinité Unique et à laquelle nous sommes Soumis».
134. Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu'elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. On ne vous demandera pas compte de ce qu'ils faisaient.
135. Ils ont dit : «Soyez Juifs ou Chrétiens, vous serez donc sur la bonne voie». - Dis : «Non, mais suivons la religion d'Abraham, le modèle même de la droiture et qui ne fut point parmi les Associateurs».
136. Dites : «Nous croyons en Dieu et en ce qu'on nous a révélé, et en ce qu'on n'a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur : nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis».
137. Alors, s'ils croient à cela même à quoi vous croyez, ils seront certainement sur la bonne voie. Et s'ils s'en détournent, ils seront certes dans le schisme ! Alors Dieu te suffira contre eux. Il est l'Audient, l'Omniscient.
138. «Nous suivons la religion de Dieu ! Et qui est meilleur que Dieu en Sa religion ? C'est Lui que nous adorons».
139. Dis : «Discutez-vous avec nous au sujet de Dieu, alors qu'Il est notre Seigneur et le vôtre ? A nous nos actions et à vous les vôtres ! C'est à Lui que nous sommes dévoués.
140. Ou dites-vous qu'Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob et les tribus étaient Juifs ou Chrétiens ? » - Dis : «Est-ce vous les plus savants, ou Dieu ? » - Qui est plus injuste que celui qui cache un témoignage qu'il détient de Dieu ? Et Dieu n'est pas inattentif à ce que vous faites.
141. Voilà une génération bel et bien révolue. A elle ce qu'elle a acquis, et à vous ce que vous avez acquis. Et on ne vous demandera pas compte de ce qu'ils faisaient.
142. Les faibles d'esprit parmi les gens vont dire : "Qui les a détournés de la direction (Qibla) vers laquelle ils s'orientaient auparavant ? » - Dis : "C'est à Dieu qu'appartiennent le Levant et le Couchant. Il guide qui Il veut vers un droit chemin».
143. Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous. Et Nous n'avions établi la direction (Qibla) vers laquelle tu te tournais que pour savoir qui suit le Messager (Muhammad) et qui s'en retourne sur ses talons. C'était un changement difficile, mais pas pour ceux que Dieu guide. Et ce n'est pas Dieu qui vous fera perdre [la récompense de] votre foi, car Dieu, certes est Compatissant et Miséricordieux pour les hommes.
144. Certes nous te voyons tourner le visage en tous sens dans le ciel. Nous te faisons donc orienter vers une direction qui te plaît. Tourne donc ton visage vers la Mosquée sacrée. Où que vous soyez, tournez-y vos visages. Certes, ceux à qui le Livre a été donné savent bien que c'est la vérité venue de leur Seigneur. Et Dieu n'est pas inattentif à ce qu'ils font.
145. Certes si tu apportait toutes les preuves à ceux à qui le Livre a été donné, ils ne suivraient pas ta direction (Qibla) ! Et tu ne suivras pas la leur; et entre eux, les uns ne suivent pas la direction des autres. Et si tu suivais leurs passions après ce que tu as reçu de science, tu sera, certes, du nombre des injustes.
146. Ceux à qui nous avons donné le Livre, le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs enfants. Or une partie d'entre eux cache la vérité, alors qu'ils la savent !
147. La vérité vient de ton Seigneur. Ne sois donc pas de ceux qui doutent.
148. A chacun une orientation vers laquelle il se tourne. Rivalisez donc dans les bonnes oeuvres. Où que vous soyez, Dieu vous ramènera tous vers Lui, car Dieu est, certes Omnipotent.
149. Et d'où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. Oui voilà bien la vérité venant de ton Seigneur. Et Dieu n'est pas inattentif à ce que vous faites.
150. Et d'où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée sacrée. Et où que vous soyez, tournez-y vos visages, afin que les gens n'aient pas d'argument contre vous, sauf ceux d'entre eux qui sont de vrais injustes. Ne les craignez donc pas; mais craignez-Moi pour que Je parachève Mon bienfait à votre égard, et que vous soyez bien guidés !
151. Ainsi, Nous avons envoyé parmi vous un messager de chez vous qui vous récite Nos versets, vous purifie, vous enseigne le Livre et la Sagesse et vous enseigne ce que vous ne saviez pas.
152. Souvenez-vous de Moi donc, Je vous récompenserai. Remerciez-Moi et ne soyez pas ingrats envers Moi.
153. Ô les croyants ! Cherchez secours dans l'endurance et la prière. Car Dieu est avec ceux qui sont endurants.
154. Et ne dites pas de ceux qui sont tués dans le sentier de Dieu qu'ils sont morts. Au contraire ils sont vivants, mais vous en êtes inconscients.
155. Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants,
156. qui disent, quand un malheur les atteint : "Certes nous sommes à Dieu, et c'est à Lui que nous retournerons».
157. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés.
158. As Safa et Al Marwah sont vraiment parmi les lieux sacrés de Dieu. Donc, quiconque fait pèlerinage à la Maison ou fait l'Umra ne commet pas de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts. Et quiconque fait de son propre gré une bonne oeuvre, alors Dieu est Reconnaissant, Omniscient.
159. Certes ceux qui cachent ce que Nous avons fait descendre en fait de preuves et de guide après l'exposé que Nous en avons fait aux gens, dans le Livre, voilà ceux que Dieu maudit et que les maudisseurs maudissent.
160. sauf ceux qui se sont repentis, corrigés et déclarés : d'eux Je reçois le repentir. Car c'est Moi, l'Accueillant au repentir, le Miséricordieux.
161. Ceux qui ne croient pas et meurent mécréants, recevront la malédiction de Dieu, des Anges et de tous les hommes.
162. Ils y demeureront éternellement; le châtiment ne leur sera pas allégé, et on ne leur accordera pas le répit.
163. Et votre Divinité est une divinité unique. Pas de divinité à part lui, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
164. Certes la création des cieux et de la terre, dans l'alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l'eau que Dieu fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.
165. Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors de Dieu, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Dieu. Or les croyants sont les plus ardents en l'amour de Dieu. Quand les injustes verront le châtiment, ils sauront que la force tout entière est à Dieu et que Dieu est dur en châtiment ! ...
166. Quand les meneurs désavoueront le suiveurs à la vue du châtiment, les liens entre eux seront bien brisés !
167. Et les suiveurs diront : «Ah ! Si un retour nous était possible ! Alors nous les désavouerions comme ils nous ont désavoués» - Ainsi Dieu leur montra leurs actions; source de remords pour eux; mais ils ne pourront pas sortir du Feu.
168. Ô gens ! De ce qui existe sur la terre, mangez le licite et le pur; ne suivez point les pas du Diable car il est vraiment pour vous, un ennemi déclaré.
169. Il ne vous commande que le mal et la turpitude et de dire contre Dieu ce que vous ne savez pas.
170. Et quand on leur dit : «Suivez ce que Dieu a fait descendre», ils disent : "Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres.» - Quoi ! et si leurs ancêtres n'avaient rien raisonné et s'ils n'avaient pas été dans la bonne direction ?
171. Les mécréants ressemblent à [du bétail] auquel on crie et qui entend seulement appel et voix confus. Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point.
172. Ô les croyants ! Mangez des (nourritures) licites que Nous vous avons attribuées. Et remerciez Dieu, si c'est Lui que vous adorez.
173. Certes, Il vous est interdit la chair d'une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre que Dieu. Il n'y a pas de péché sur celui qui est contraint sans toutefois abuser ni transgresser, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.
174. Ceux qui cachent ce que Dieu à fait descendre du Livre et le vendent à vil prix, ceux-là ne s'emplissent le ventre que de Feu. Dieu ne leur adressera pas la parole, au Jour de la Résurrection, et ne les purifiera pas. Et il y aura pour eux un douloureux châtiment.
175. Ceux-là ont échangé la bonne direction contre l'égarement et le pardon contre le châtiment. Qu'est-ce qui leur fera supporter le Feu ? !
176. C'est ainsi, car c'est avec la vérité que Dieu a fait descendre le Livre; et ceux qui s'opposent au sujet du Livre sont dans une profonde divergence.
177. La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Dieu, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la prière et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux !
178. Ô les croyants ! On vous a prescrit le talion au sujet des tués : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable et doit payer des dommages de bonne grâce. Ceci est un allégement de la part de votre Seigneur et une miséricorde. Donc, quiconque après cela transgresse, aura un châtiment douloureux.
179. C'est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d'intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété.
180. On vous a prescrit, quand la mort est proche de l'un de vous et s'il laisse des biens, de faire un testament en règle en faveur de ses père et mère et de ses plus proches. C'est un devoir pour les pieux.
181. Quiconque l'altère après l'avoir entendu, le péché ne reposera que sur ceux qui l'ont altéré; certes, Dieu est Audient et Omniscient.
182. Mais quiconque craint d'un testateur quelque partialité (volontaire ou involontaire), et les réconcilie, alors pas de péché sur lui car Dieu est certes Pardonneur et Miséricordieux !
183. Ô les croyants ! On vous a prescrit le jeûne comme on l'a prescrit à ceux d'avant vous, ainsi atteindrez-vous la piété,
184. pendant un nombre déterminé de jours. Quiconque d'entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d'autres jours. Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter (qu'avec grande difficulté), il y a une compensation : nourrir un pauvre. Et si quelqu'un fait plus de son propre gré, c'est pour lui; mais il est mieux pour vous de jeûner; si vous saviez !
185. (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc quiconque d'entre vous est présent en ce mois, qu'il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu'il jeûne un nombre égal d'autres jours. - Dieu veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur de Dieu pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants !
186. Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi.. alors Je suis tout proche : Je réponds à l'appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu'ils répondent à Mon appel, et qu'ils croient en Moi, afin qu'ils soient bien guidés.
187. On vous a permis, la nuit d'as-Siyam, d'avoir des rapports avec vos femmes; elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles. Dieu sait que vous aviez clandestinement des rapports avec vos femmes. Il vous a pardonné et vous a graciés. Cohabitez donc avec elles, maintenant, et cherchez ce que Dieu a prescrit en votre faveur; mangez et buvez jusqu'à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l'aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu'à la nuit. Mais ne cohabitez pas avec elles pendant que vous êtes en retraite rituelle dans les mosquées. Voilà les lois de Dieu : ne vous en approchez donc pas (pour les transgresser).C'est ainsi que Dieu expose aux hommes Ses enseignements, afin qu'ils deviennent pieux.
188. Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens, et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et sciemment.
189. Ils t'interrogent sur les nouvelles lunes - Dis : "Elles servent aux gens pour compter le temps, et aussi pour le Hajj [pèlerinage]. Et ce n'est pas un acte de bienfaisance que de rentrer chez vous par l'arrière des maisons. Mais la bonté pieuse consiste à craindre Dieu. Entrer donc dans les maisons par leurs portes. Et craignez Dieu afin que vous réussissiez ! ».
190. Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Certes. Dieu n'aime pas les transgresseurs !
191. Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d'où ils vous ont chassés : l'association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu'ils ne vous y aient combattus. S'ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants.
192. S'ils cessent, Dieu est, certes, Pardonneur et Miséricordieux.
193. Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association et que la religion soit entièrement à Dieu seul. S'ils cessent, donc plus d'hostilités, sauf contre les injustes.
194. Le Mois sacré pour le mois sacré ! - Le talion s'applique à toutes choses sacrées -. Donc, quiconque transgresse contre vous, transgressez contre lui, à transgression égale. Et craignez Dieu. Et sachez que Dieu est avec les pieux.
195. Et dépensez dans le sentier de Dieu. Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. Et faite le bien. Car Dieu aime les bienfaisants.
196. Et accomplissez pour Dieu le pèlerinage et l'Umra. Si vous en êtes empêchés, alors faite un sacrifice qui vous soit facile. Et ne rasez pas vos têtes avant que l'offrande [l'animal à sacrifier] n'ait atteint son lieu d'immolation. Si l'un d'entre vous est malade ou souffre d'une affection de la tête (et doit se raser), qu'il se rachète alors par un Siyam ou par une aumône ou par un sacrifice. Quand vous retrouverez ensuite la paix, quiconque a joui d'une vie normale après avoir fait l'Umra en attendant le pèlerinage, doit faire un sacrifice qui lui soit facile. S'il n'a pas les moyens, qu'il jeûne trois jours pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit en tout dix jours. Cela est prescrit pour celui dont la famille n'habite pas auprès de la Mosquée sacrée. Et craignez Dieu. Et sachez que Dieu est dur en punition.
197. Le pèlerinage à lieu dans des mois connus. Si l'on se décide de l'accomplir, alors point de rapport sexuel, point de perversité, point de dispute pendant le pèlerinage. Et le bien que vous faites, Dieu le sait. Et prenez vos provisions; mais vraiment la meilleur provision est la piété. Et redoutez-Moi, ô doués d'intelligence !
198. Ce n'est pas un pêché que d'aller en quête de quelque grâce de votre Seigneur. Puis, quand vous déferlez depuis Arafat, invoquez Dieu, à al-Mashar-al-Haram (Al-Muzdalifa). Et invoquez-Le comme Il vous a montré la bonne voie, quoiqu'auparavant vous étiez du nombre des égarés.
199. Ensuite déferlez par où les gens déferlèrent, et demandez pardon à Dieu. Car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.
200. Et quand vous aurez achevé vos rites, alors invoquez Dieu comme vous invoquez vos pères, et plus ardemment encore. Mais il est des gens qui disent seulement : "Seigneur ! Accorde nous [le bien] ici-bas ! » - Pour ceux-là, nulle part dans l'au-delà.
201. Et il est des gens qui disent : "Seigneur ! Accorde nous belle ici-bas, et belle part aussi dans l'au-delà; et protège-nous du châtiment du Feu ! ».
202. Ceux-là auront une part de ce qu'ils auront acquis. Et Dieu est prompt à faire rendre compte.
203. Et invoquez Dieu pendant un nombre de jours déterminés. Ensuite, il n'y a pas de péché, pour qui se comporte en piété, à partir au bout de deux jours, à s'attarder non plus. Et craignez Dieu. Et sachez que c'est vers Lui que vous serez rassemblés.
204. Il y a parmi les gens celui dont la parole sur la vie présente te plaît, et qui prend Dieu à témoin de ce qu'il a dans le coeur, tandis que c'est le plus acharné disputeur.
205. Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Dieu n'aime pas le désordre.
206. Et quand on lui dit : "Redoute Dieu», l'orgueil criminel s'empare de lui, l'Enfer lui suffira, et quel mauvais lit, certes !
207. Et il y a parmi les gens celui qui se sacrifie pour la recherche de l'agrément de Dieu. Et Dieu est Compatissant envers Ses serviteurs.
208. Ô les croyants ! Entrez en plein dans l'Islam, et ne suivez point les pas du diable, car il est certes pour vous un ennemi déclaré.
209. Puis, si vous bronchez, après que les preuves vous soient venues, sachez alors que Dieu est Puissant et Sage.
210. Qu'attendent-ils sinon que Dieu leur vienne à l'ombre des nuées de même que les Anges et que leur sort soit réglé ? Et c'est à Dieu que toute chose est ramenée.
211. Demande aux enfants d'Israël combien de miracles évidents Nous leur avons apportés ! Or, quiconque altère le bienfait de Dieu après qu'il lui soit parvenu... alors, Dieu vraiment est dur en punition.
212. On a enjolivé la vie présente à ceux qui ne croient pas, et ils se moquent de ceux qui croient. Mais les pieux seront au-dessus d'eux, au Jour de la Résurrection. Et Dieu accorde Ses bienfaits à qui Il veut, sans compter.
213. Les gens formaient (à l'origine) une seule communauté (croyante). Puis, (après leurs divergences,) Dieu envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs; et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité, pour régler parmi les gens leurs divergences. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues, par esprit de rivalité ! Puis Dieu, de par Sa Grâce, guida ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Dieu guide qui Il veut vers le chemin droit.
214. Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : "Quand viendra le secours de Dieu ? » - Quoi ! Le secours de Dieu est sûrement proche.
215. Ils t'interrogent : "Qu'est-ce qu'on doit dépenser ? » - Dis : "Ce que vous dépensez de bien devrait être pour les pères et mère, les proches, les orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents. Et tout ce que vous faites de bien, vraiment Dieu le sait».
216. Le combat vous a été prescrit alors qu'il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Dieu qui sait, alors que vous ne savez pas.
217. - Ils t'interrogent sur le fait de faire la guerre pendant les mois sacrés. - Dis : "Y combattre est un péché grave, mais plus grave encore auprès de Dieu est de faire obstacle au sentier de Dieu, d'être impie envers Celui-ci et la Mosquée sacrée, et d'expulser de là ses habitants. L'association est plus grave que le meurtre.» Or, ils ne cesseront de vous combattre jusqu'à, s'ils peuvent, vous détourner de votre religion. Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement.
218. Certes, ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier de Dieu, ceux-là espèrent la miséricorde de Dieu. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.
219. - Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : "Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l'utilité». Et ils t'interrogent : "Que doit-on dépenser (en charité) ? » Dis : " L'excédent de vos bien.» Ainsi, Dieu vous explique Ses versets afin que vous méditez
220. sur ce monde et sur l'au-delà ! Et ils t'interrogent au sujet des orphelins. Dis : "Leur faire du bien est la meilleur action. Si vous vous mêlez à eux, ce sont vos frères [en religion]». Dieu distingue celui qui sème le désordre de celui qui fait le bien. Et si Dieu avait voulu, Il vous aurait accablés. Certes Dieu est Puissant et Sage.
221. Et n'épousez pas les femmes associatrices tant qu'elles n'auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu'une associatrice, même si elle vous enchante. Et ne donnez pas d'épouses aux associateurs tant qu'ils n'auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu'un associateur même s'il vous enchante. Car ceux-là [les associateurs] invitent au Feu; tandis que Dieu invite, de part Sa Grâce, au Paradis et au pardon. Et Il expose aux gens Ses enseignements afin qu'ils se souviennent !
222. - Et ils t'interrogent sur la menstruation des femmes. - Dis : "C'est un mal. Éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures. Quand elles se sont purifiées, alors cohabitez avec elles suivant les prescriptions de Dieu car Dieu aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient».
223. Vos épouses sont pour vous un champ de labour; allez à votre champ comme [et quand] vous le voulez et oeuvrez pour vous-mêmes à l'avance. Craignez Dieu et sachez que vous le rencontrerez. Et fais gracieuses annonces aux croyants !
224. Et n'usez pas du nom de Dieu, dans vos serments, pour vous dispenser de faire le bien, d'être pieux et de réconcilier les gens. Et Dieu est Audient et Omniscient.
225. Ce n'est pas pour les expressions gratuites dans vos serments que Dieu vous saisit : Il vous saisit pour ce que vos coeurs ont acquis. Et Dieu est Pardonneur et Patient.
226. Pour ceux qui font le serment de se priver de leur femmes, il y a un délai d'attente de quatre mois. Et s'ils reviennent (de leur serment) celui-ci sera annulé, car Dieu est certes Pardonneur et Miséricordieux !
227. Mais s'ils se décident au divorce, (celui-ci devient exécutoire) car Dieu est certes Audient et Omniscient.
228. Et les femmes divorcées doivent observer un délai d'attente de trois menstrues; et il ne leur est pas permis de taire ce que Dieu a créé dans leurs ventres, si elles croient en Dieu et au Jour dernier. Et leurs époux seront plus en droit de les reprendre pendant cette période, s'ils veulent la réconciliation. Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leurs obligations, conformément à la bienséance. Mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles. Et Dieu est Puissant et Sage.
229. Le divorce est permis pour seulement deux fois. Alors, c'est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec gentillesse. Et il ne vous est pas permis de reprendre quoi que ce soit de ce que vous leur aviez donné, - à moins que tous deux ne craignent de ne point pouvoir se conformer aux ordres imposés par Dieu. Si donc vous craignez que tous deux ne puissent se conformer aux ordres de Dieu, alors ils ne commettent aucun péché si la femme se rachète avec quelque bien. Voilà les ordres de Dieu. Ne les transgressez donc pas. Et ceux qui transgressent les ordres de Dieu ceux-là sont les injustes.
230. S'il divorce avec elle (la troisième fois) alors elle ne lui sera plus licite tant qu'elle n'aura pas épousé un autre. Et si ce (dernier) la répudie alors les deux ne commettent aucun péché en reprenant la vie commune, pourvu qu'ils pensent pouvoir tous deux se conformer aux ordres de Dieu. Voilà les ordres de Dieu, qu'Il expose aux gens qui comprennent.
231. Et quand vous divorcez d'avec vos épouses, et que leur délai expire, alors, reprenez-les conformément à la bienséance, ou libérez-les conformément à la bienséance. Mais ne les retenez pas pour leur faire du tort : vous transgresseriez alors et quiconque agit ainsi se fait du tort à lui-même. Ne prenez pas en moquerie les versets de Dieu. Et rappelez-vous le bienfait de Dieu envers vous, ainsi que le Livre et la Sagesse qu'Il vous a fait descendre, par lesquels Il vous exhorte. Et craignez Dieu, et sachez que Dieu est Omniscient.
232. Et quand vous divorcez d'avec vos épouses, et que leur délai expire, alors ne les empêchez pas de renouer avec leurs époux, s'ils s'agréent l'un l'autre, et conformément à la bienséance. Voilà à quoi est exhorté celui d'entre vous qui croit en Dieu et au Jour dernier. Ceci est plus décent et plus pur pour vous. Et Dieu sait, alors que vous ne savez pas.
233. Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l'héritier. Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider le sevrage, nul grief a leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Et craignez Dieu, et sachez que Dieu observe ce que vous faites.
234. Ceux des vôtres que la mort frappe et qui laissent des épouses : celles-ci doivent observer une période d'attente de quatre mois et dix jours. Passé ce délai, on ne vous reprochera pas la façon dont elles disposeront d'elles mêmes d'une manière convenable. Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites.
235. Et on ne vous reprochera pas de faire, aux femmes, allusion à une proposition de mariage, ou d'en garder secrète l'intention. Dieu sait que vous allez songer à ces femmes. Mais ne leur promettez rien secrètement sauf à leur dire des paroles convenables. Et ne vous décidez au contrat de mariage qu'à l'expiration du délai prescrit. Et sachez que Dieu sait ce qu'il y a dans vos âmes. Prenez donc garde à Lui, et sachez aussi que Dieu est Pardonneur et Plein de mansuétude.
236. Vous ne faites point de péché en divorçant d'avec des épouses que vous n'avez pas touchées, et à qui vous n'avez pas fixé leur mahr. Donnez-leur toutefois - l'homme aisé selon sa capacité, l'indigent selon sa capacité - quelque bien convenable dont elles puissent jouir. C'est un devoir pour les bienfaisants.
237. Et si vous divorcez d'avec elles sans les avoir touchées, mais après fixation de leur mahr, versez-leur alors la moitié de ce que vous avez fixé, à moins qu'elles ne s'en désistent, ou que ne se désiste celui entre les mains de qui est la conclusion du mariage. Le désistement est plus proche de la piété. Et n'oubliez pas votre faveur mutuelle. Car Dieu voit parfaitement ce que vous faites.
238. Soyez assidus aux prières et surtout la prière médiane; et tenez-vous debout devant Dieu, avec humilité.
239. Mais si vous craignez (un grand danger), alors priez en marchant ou sur vos montures. Puis quand vous êtes en sécurité, invoquez Dieu comme Il vous a enseigné ce que vous ne saviez pas.
240. Ceux d'entre vous que la mort frappe et qui laissent les épouses, doivent laisser un testament en faveur de leurs épouses pourvoyant à un an d'entretien sans les expulser de chez elles. Si ce sont elles qui partent, alors on ne vous reprochera pas ce qu'elles font de convenable pour elles-mêmes, Dieu est Puissant et Sage.
241. Les divorcées ont droit à la jouissance d'une allocation convenable, [constituant] un devoir pour les pieux.
242. C'est ainsi que Dieu vous explique Ses versets, afin que vous raisonniez.
243. N'as-tu pas vu ceux qui sortirent de leur demeures, - il y en avait des milliers, - par crainte de la mort ? Puis Dieu leur dit : "Mourez». Après quoi Il les rendit à la vie. Certes, Dieu est Détenteur de la Faveur, envers les gens; mais la plupart des gens ne sont pas reconnaissants.
244. Et combattez dans le sentier de Dieu. Et sachez que Dieu est Audient et Omniscient.
245. Quiconque prête à Dieu de bonne grâce, Il le lui rendra multiplié plusieurs fois. Dieu restreint ou étend (Ses faveurs). Et c'est à Lui que vous retournerez.
246. N'as-tu pas su l'histoire des notables, parmi les enfants d'Israël, lorsqu'après Moïse ils dirent à un prophète à eux : "Désigne-nous un roi, pour que nous combattions dans le sentier de Dieu». Il dit : "Et si vous ne combattez pas, quand le combat vous sera prescrit ? » Ils dirent : "Et qu'aurions nous à ne pas combattre dans le sentier de Dieu, alors qu'on nous a expulsés de nos maisons et qu'on a capturé nos enfants ? » Et quand le combat leur fut prescrit, ils tournèrent le dos, sauf un petit nombre d'entre eux. Et Dieu connaît bien les injustes.
247. Et leur prophète leur dit : "Voici que Dieu vous a envoyé Talout pour roi.» Ils dirent : "Comment régnerait-il sur nous ? Nous avons plus de droit que lui à la royauté. On ne lui a même pas prodigué beaucoup de richesses ! » Il dit : "Dieu, vraiment l'a élu sur vous, et a accru sa part quant au savoir et à la condition physique.» - Et Dieu alloue Son pouvoir à qui Il veut. Dieu a la grâce immense et Il est Omniscient.
248. Et leur prophète leur dit : "Le signe de son investiture sera que le Coffre va vous revenir; objet de quiétude inspiré par votre Seigneur, et contenant les reliques de ce que laissèrent la famille de Moïse et la famille d'Aaron. Les Anges le porteront. Voilà bien là un signe pour vous, si vous êtes croyants ! »
249. Puis au moment de partir avec les troupes, Talout dit : "Voici : Dieu va vous éprouver par une rivière : quiconque y boira ne sera plus des miens; et quiconque n'y goûtera pas sera des miens; - passe pour celui qui y puisera un coup dans le creux de sa main.» Ils en burent, sauf un petit nombre d'entre eux. Puis, lorsqu'ils l'eurent traversée, lui et ceux des croyants qui l'accompagnaient, ils dirent : "Nous voilà sans force aujourd'hui contre Goliath et ses troupes ! » Ceux qui étaient convaincus qu'ils auront à rencontrer Dieu dirent : "Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce de Dieu, vaincu une troupe très nombreuse ! Et Dieu est avec les endurants».
250. Et quand ils affrontèrent Goliath et ses troupes, ils dirent : "Seigneur ! Déverse sur nous l'endurance, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur ce peuple infidèle».
251. Ils les mirent en déroute, par la grâce de Dieu. Et David tua Goliath; et Dieu lui donna la royauté et la sagesse, et lui enseigna ce qu'Il voulut. Et si Dieu ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue. Mais Dieu est Détenteur de la Faveur pour les mondes.
252. Voilà les versets de Dieu, que Nous te (Muhammad) récitons avec la vérité. Et tu es, certes parmi les Envoyés.
253. Parmi ces messagers, Nous avons favorisé certains par rapport à d'autres. Il en est à qui Dieu a parlé; et Il en a élevé d'autres en grade. A Jésus fils de Marie Nous avons apporté les preuves, et l'avons fortifié par le Saint-Esprit. Et si Dieu avait voulu, les gens qui vinrent après eux ne se seraient pas entre-tués, après que les preuves leur furent venues; mais ils se sont opposés : les uns restèrent croyant, les autres furent infidèles. Si Dieu avait voulu, ils ne se seraient pas entre-tués; mais Dieu fait ce qu'il veut.
254. Ô les croyants ! Dépenser de ce que Nous vous avons attribué, avant que vienne le jour où il n'y aura ni rançon ni amitié ni intercession. Et ce sont les mécréants qui sont les injustes.
255. Dieu ! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par lui-même "al-Qayyum». Ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent. A lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission ? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône "Kursiy» déborde les cieux et la terre, dont la garde ne Lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand.
256. Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroît au Rebelle tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Audient et Omniscient.
257. Dieu est le défenseur de ceux qui ont la foi : Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Tagut, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeurent éternellement.
258. N'as-tu pas su (l'histoire de) celui qui, parce que Dieu l'avait fait roi, argumenta contre Abraham au sujet de son Seigneur ? Abraham ayant dit : "J'ai pour Seigneur Celui qui donne la vie et la mort», "Moi aussi, dit l'autre, je donne la vie et la mort.» Alors dit Abraham : "Puisque Dieu fait venir le soleil du Levant, fais-le donc venir du Couchant.» Le mécréant resta alors confondu. Dieu ne guide pas les gens injustes.
259. Ou comme celui qui passait dans par un village désert et dévasté : "Comment Dieu va-t-Il redonner la vie à celui-ci après sa mort ? » dit-il. Dieu donc le fit mourir et le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant : "Combien de temps as-tu demeuré ainsi ? » "Je suis resté un jour, dit l'autre, ou une partie de la journée.» "Non ! dit Dieu, tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson : rien ne s'est gâté; mais regarde ton âne... Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair». Et devant l'évidence, il dit : "Je sais que Dieu est Omnipotent».
260. Et quand Abraham dit : "Seigneur ! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts», Dieu dit : "Ne crois-tu pas encore ? » "Si ! dit Abraham; mais que mon coeur soit rassuré». "Prends donc, dit Dieu, quatre oiseaux, apprivoise-les (et coupe-les) puis, sur des monts séparés, mets-en un fragment ensuite appelle-les : ils viendront à toi en toute hâte. Et sache que Dieu est Puissant et Sage.»
261. Ceux qui dépensent leur biens dans le sentier de Dieu ressemblent à un grain d'où naissent sept épis, à cent grains l'épi. Car Dieu multiplie la récompense à qui Il veut et la grâce de Dieu est immense, et Il est Omniscient.
262. Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier de Dieu sans faire suivre leurs largesses ni d'un rappel ni d'un tort, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux, et ils ne seront point affligés.
263. Une parole agréable et un pardon valent mieux qu'une aumône suivie d'un tort. Dieu n'a besoin de rien, et Il est indulgent.
264. Ô les croyants ! N'annulez pas vos aumônes par un rappel ou un tort, comme celui qui dépense son bien par ostentation devant les gens sans croire en Dieu et au Jour dernier. Il ressemble à un rocher recouvert de terre; qu'une averse l'atteigne, elle le laisse dénué. De pareils hommes ne tireront aucun profit de leur actes. Et Dieu ne guide pas les gens mécréants.
265. Et ceux qui dépensent leurs biens cherchant l'agrément de Dieu, et bien rassurés (de Sa récompense), ils ressemblent à un jardin sur une colline. Qu'une averse l'atteigne, il double ses fruits; à défaut d'une averse qui l'atteint, c'est la rosée. Et Dieu voit parfaitement ce que vous faites.
266. L'un de vous aimerait-il voir un jardin de dattiers et de vignes sous lequel coulent les ruisseaux, et qui lui donne toutes espèces de
Introduction Haut de page
1) Nombreux sont ceux qui, au cours de l'Histoire, consacrèrent leur vie à la réforme socio-religieuse de leurs peuples; nous en rencontrons à toutes les époques et dans tous les pays. Dans l'Inde il y a ceux qui ont reçu la révélation des Véda, et il y a le grand Bouddha; la Chine a son Confucius; l'Iran a celui qui lui transmit l'Avesta. La Babylonie a produit un des plus grands réformateurs, Abraham (pour ne pas parler d'Enoch et de Noé, ses ancêtres, dont nous n'avons que de maigres souvenirs). Le peuple Juif peut à juste titre être fier d'une longue série de réformateurs Moïse, Samuel, David, Salomon, Jésus... entre autres.
2) Deux points sont à noter : en général, ces réformateurs se sont réclamés d'une mission divine; et les Livres Saints, les codes de conduite humaine qu'ils ont donnés à leurs peuples, sont considérés comme des ouvrages Inspirés, comme des révélations faites par Dieu notre Seigneur. En second lieu des guerres fratricides, responsables de massacres, de génocides, ont causé la destruction plus ou moins complète de ces Messages divins. On ne connaît que de nom le Livre d'Abraham. On sait la destruction à plusieurs reprises, et la restauration partielle des Livres de Moise.
3) A en juger par les traces les plus anciennes de l'homo sapiens, l'homme a toujours eu conscience de l'existence d'un être suprême, Seigneur et Créateur de tous. Les moyens ont pu varier, mais les hommes de toutes les époques ont également essayé de témoigner de leur obéissance à Dieu de leur volonté d'accomplir leur devoir envers Lui. De même, on a toujours admis la possibilité d'une communication directe avec le Dieu omniprésent et invisible, pour un très petit nombre d'hommes, esprits nobles et élevés; - qu'ils aient été des incarnations de la divinité, ou seulement chargés de la mission divine de guider leurs peuples selon les messagers divins reçus par eux, dans l'inspiration ou la révélation. Chaque system de la pensée métaphysique. Chaque religion a ses termes, ses interprétations. et il va de soi que certaines interprétations et certaines explications tiennent mieux que d'autres, devant la raison.
4) Nous sommes à la fin du VIème siècle après la naissance de Jésus Christ. A cette époque, il y a des religions qui en toute bonne foi se déclarent réservées à certaines races, à certains groupes d'hommes. laissant le reste de l'humanité sans recours contre le mal qui le frappe. D'autres religions se réclament, certes, d'universalité. mais elles placent le salut de l'homme dans la renonciation au monde, ce qui fait d'elles une sorte de religion des élites, accessibles à un nombre d'hommes très restreint. Dans d'autres pays enfin, l'incroyance, le matérialisme. l'absence de toute religion. font que l'on ne pence qu'a ses plaisirs. sans tenir aucun compte des droits d'autrui.
L'Arabie Haut de page
5) Sur la carte de l'hémisphère "majeur" (celui qui a plus de terre que de mer, celui de l'ancien monde. Europe-Asie-Afrique, la péninsule Arabique se trouve au centre. Immense continent désertique, elle avait une population comprenant à la fois, des sédentaires et des nomades, souvent membres des mêmes tribus, conservant des liens de parenté, tout en ayant différents modes de vie. Les moyens de subsistance y étaient très médiocres, a cause de la place occupée par le désert; le négoce était plus important que l'agriculture ou l'industrie; on voyageait donc beaucoup, on se rendait même hors de l'Arabie en Syrie, en Egypte, en Abyssinie, en Iraq et dans l'inde.
6) On ne connaît pas grande chose des Lihyânites de l'Arabie centrale, mais le Yémen avait, à juste titre, été appelé "l'Arabie Heureuse", après avoir connu les florissantes civilisations de Saba et de Ma'în, avant même la fondation de la cité de Rome, et capable plus tard d'arracher des provinces aux Byzantins et aux Perses, le Yémen était alors déchiré entre d'innombrables principautés, et subissait, d'autre part, l'occupation sassanide. L'Est de la péninsule appartenait également aux rois de Perse, mais le chaos politico-social à Ctésiphon (Madâïn) ne pouvait que se refléter dans toutes les provinces. Le Nord de l'Arabie, sous les Byzantins, ne différait pas beaucoup des possessions persanes. Le Centre de l'Arabie était resté à l'abri de la démoralisante occupation étrangère.
7) Dans ce Centre, le triangle La Mecque - Tâïf - Médine avait quelque chose de providentiel: la Mecque, désertique, dépourvue de toute agriculture, représentait physiquement l'Afrique et son Sahara brûlant; à soixante-quinze kilomètres de là, à peine, Tâïf représentait l'Europe et ses gelées; le point Nord. Médine, n'était pas moins fertile que les régions asiatiques les plus douces de la Syrie ou autres. Si les climats ont une influence quelconque sur les caractères humains, ce triangle au milieu de l'hémisphère majeur, était plus représentatif du globe tout entier, que n'importe quelle autre région de la terre, une miniature du monde dans toute sa diversité. Descendant d'Abraham (Babylonien) par Hager (Egyptienne), Mohammed était un Mecquois et avait des oncles maternels à la fois à Médine et à Tâïf.
Religion Haut de page
8) Du point de vue religieux, l'Arabie était idolâtre; rares étaient ceux qui avaient embrassé des religions telles que Christianisme, Mazdéiisme, etc... Les Mecquois avait la notion d'un Dieu unique, mais ils faisaient intercéder les idoles auprès de Lui, et chose assez curieuse, ne croyaient ni à la résurrection, ni à la vie de l'au-delà. Ils avaient conservé le pélerinage de la Maison du Dieu unique, "la Kaâba", institution remontant à leur ancêtre Abraham, mais les deux mille ans qui les séparaient d'Abraham avaient fait dégénérer ce pélerinage en une foire commerciale, une idolâtrie sordide sans la moindre influence sur le comportement individuel, tant social que spirituel.
Société Haut de page
9) Des trois points du triangle, la Mecque, malgré sa pauvreté en ressources naturelles, était la plus développée: elle seule constituait une cité-état, dirigée par un conseil de dix chefs héréditaires, avec division des pouvoirs (un ministre des affaires étrangères un ministre gardien du temple, un ministre des oracles, un autre gardien des offrandes au temple, un autre pour déterminer le montant des dommages à payer à l'occasion d'un préjudice, un autre gardien du bâtiment du conseil municipal, ou parlement, qui approuvait les décisions du conseil des ministres, d'autres pour les questions militaires, telles que le drapeau, la direction de la cavalerie, etc). Bons caravaniers, les Mecquois avaient su obtenir des empires voisins (Iran, Byzance, Abyssînle, sans parler des tribus dont Ils traversaient le territoire en transit) l'autorisation de se rendre dans ces pays et de s'y occuper d'import-export. Ils fournissaient aussi des escortes aux étrangers pour traverser les territoires des tribus alliées de l'Arabie. Sans se servir beaucoup de la rédaction par écrit, ils s'intéressaient grandement aux arts et aux lettres: poésie, éloquence, contes de veillées. La femme était en général bien traitée: elle avait le droit de posséder des biens à son propre compte, elle donnait son consentement au mariage, elle pouvait, lors du mariage, contracter le droit de divorce, elle se remariait après le divorce ou après la mort de son époux, etc.; il y eut bien la pratique d'enterrer vivantes les filles en bas âge, mais c'était le fait de certaines classes, et les cas fûrent plutôt rares.
La naissance du Prophète Haut de page
10) C'est dans ce milieu que naquit Mohamet (se prononce Mohammed) en l'an 569 Après Jésus-Christ. Son père, Abdallah était mort quelques semaines auparavant; c'est son grand père qui le pris à sa charge. Selon les coutumes, la mère remit le bébé à une nourrice bédouine, chez laquelle il passa dans la désert plusieurs années. Les biographes sont unanimes à signaler qu'il tétait à un seul sain de sa nourrice, laissant l'autre à son frère de lait. A peine fut-il rentré à la maison que sa mère, Aminah, l'amena chez ses oncles maternels à Médine, pour visiter le tombeau d'Abdallah, mais sur le chemin du retour, elle rendit le dernier soupir. Peu de temps après, le vieux grand-père décéda également. A l'âge de huit ans, ayant déjà connu tant de douleurs, il résida avec son oncle, Abou-Tâlib. Les qualités de cour de celui-ci étaient limitées par la charge d'une nombreuse famille et peu de ressources.
11) Le jeune Mohamet dut aussitôt travailler pour gagner sa vie il faisait paître les troupeaux de certains voisins. Dès l'âge de dix ans, il accompagna son oncle en Syrie, lorsque celui-ci y mena une caravane. On ne mentionne pas d'autres voyages d'Abou-Tâlib, mais d'après certaines références, Il aurait tenu boutique à la Mecque; il se peut que Mohammed ait aidé son oncle à gérer ce commerce.
12) Mohammed avait 25 ans; son honnêteté était connue par tous, Une riche veuve mecquoise, Khadijah, lui confia alors ses marchandises pour les vendrent en Syrie. Enchantée des profits extraordinaires réalisés et séduite par les charmes personnels de Mohammed, elle s'offrit à lui (elle était âgée de 28 ans, ou, selon d'autres, de 40; les raisons physiologico-gynécologiques inclinent en faveur du premier chiffre, puisqu'elle a donné encore naissance à 7 enfants), et l'épousa pour avoir une heureuse vie conjugale. Par la suite, on le voit quelquefois à la foire de Hubâchah (au Yémen) et une fois dans le pays des Abdai-Qais (Bahrayn - Oman) (comme nous le mentionne lbn Hanbal). Il y a tout lieu de croire qu'il s'agît là de la grande foire de Dabâ, où, d'après lbn al-Kalbîy, les marchands de la Chine, de l'inde, du Sind, de la Perse, de l'Est et de l'Ouest, se rendaient chaque année, par mer comme par terre. On parle également d'un certain Mecquois, Sâïb, lequel était, dans le commerce, associé de Mohamet; les deux associés allaient, à tour de rôle, vendre les marchandises à l'étranger. A ce propos, Sâîb déclara : quand Mohammed revenait avec la caravane, il ne rentrait pas chez lui avant de me rendre compte de mes affaires: et Si c'était moi qui revenais à la Mecque, Il me demandait uniquement des nouvelles de me santé. Un ordre de chevalerie.
13) Les commerçants étrangers apportaient souvent leurs marchandises à vendre à la Mecque. Un jour, un certain Yéménite (de la tribu Zabîd) composa un poème satirique, contre les Mecquois, parce que certains ne lui payaient pas le prix de ses ventes, et qu'aucun des autres ne lui venait en aide. Zubair, oncle et chef de la Tribu du Prophète, ressentit de vifs remords à cette satire justifiée. En commun avec certains autres chefs de la vile, on convoqua une réunion de volontaires pour établir un ordre de chevalerie (appelé hilf alfudoul) en vue d'aider tout opprimé dans La Mecque, qu'il soit citoyen ou étranger à la ville Mohammed, jeune homme, y avait adhéré avec enthousiasme, et il disait souvent plus tard: " j'y ai participé, et je ne suis pas prêt de renoncer à cet honneur, même pour tout un troupeau de chameaux; au contraire, Si quelqu'un faisait appel à moi, même aujourd'hui encore au nom de cet ordre, je courrais à son aide.
Prise de conscience religieuse : Haut de page
14) On ne sait pas grand chose sur la pratique religieuse de Mohammed jusqu'à l'âge de 35 ans, sinon que, selon l'affirmation de ses biographes. il n'avait jamais adoré les idoles. Rappelons qu'il y avait plusieurs Mecquois qui agissaient de même, et qui s'étaient révoltés contre le paganisme insensé, tout en restant fidèles à la Kaabah, maison dédiée par Abraham au Dieu Unique.
15) Vers l'an 605 après Jésus-Christ, les rideaux qui couvraient l'extérieur du Temple prirent feu; le bâtiment ainsi affaibli ne put résister aux pluies torrentielles qui suivirent: tout fut démoli. On reconstruisit bientôt le temple les citoyens y contribuèrent, chacun selon ses moyens, prenant soin de n'accepter que les sommes honnêtement gagnées. Tout le monde y travailla comme maçon, y compris Mohammed, qui se blessa les épaules en transportant des pierres. Pour marquer le départ des processions rituelles autour de la Kaaba, le bâtiment comportait la pierre noire. Quand on en vint à remettre on place cette pierre vénérée, une grande discussion s'éleva parmi les citoyens qui en aurait l'honneur? On était sur le point de tirer l'épée, quand quelqu'un suggéra de remettre l'arbitrage à la providence on convint que le premier qui surviendrait déciderait. Tout à coup, Mohammed apparut, il venait travailler là comme d'habitude. Il était connu sous le surnom d'al-Amîn (l'honnête); on l'accepta comme arbitre sans hésitation. Mohammed étendit sa houppelande sur le sol, y plaça la pierre noire, appela les chefs de toutes les tribus de la ville pour soulever la pierre par l'étoffe, et il posa lui-même la pierre dans l'angle voulu. Tout le monde en fut satisfait.
16) C'est dès ce moment que nous trouvons chez Mohammed des méditations spirituelles. Comme son grand-père, il commença à se retirer pendant tout le mois de Ramadan dans une grotte de Jabal an-Nour (Montagne de lumière), la grotte s'appelant Ghar Hiraa (caverne de recherche); il y priait, il méditait, il partageait ses maigres provisions avec ceux des voyageurs qui passaient par là.
Révélation : Haut de page
17) Il avait quarante ans, et c'était la cinquième année de ses retraites annuelles. Vers la fin du mois, il reçut la visite d'un ange (Gabriel). Il lui dit: Lis; Mohammed répond: je ne sais pas lire, l'ange reprend: lis; Mohammed repond de la même sorte : je ne sais pas lire, c'est au bout de la troisième fois que que l'ange dit les premieres verset du Coran: {Lis au nom de ton Seigneur qui a créé 2.Qui a créé l'homme d'un caillot de sang. 3.Lis ! car ton Seigneur, le Très Noble, 4.C'est Lui qui a enseigné par la plume [le calame], 5.Il a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas} (Coran, 96: 1-5.) * L'ange lui annonça que Dieu l'avait choisi comme Son messager et envoyé auprès des hommes; il lui apprit les ablutions et la façon d'adorer Dieu, la prière, et il lui communiqua le message divin que voici.
18) Emu, il rentra chez lui, et raconta à sa femme ce qu'il venait d'éprouver; il exprima ses craintes que ce ne fût là que quelque diablerie ou quelque emprise de mauvais esprits. Elle le consola en disant qu'il avait toujours été charitable et généreux, aidant les pauvres, les orphelins, les veuves et tous ceux qui avaient besoin d'aide, et que Dieu le protégerait donc contre tout mal.
19) Puis, trois années passèrent, sans révélations nouvelles Ce dut être, pour Mohammed, après le choc du début, un certain calme, et puis un désir, une attente, une impatience toujours croissante... Cependant, la nouvelle s'étant ébruitée, les sceptiques mesquins se moquèrent de lui, et se permirent d'amères plaisanteries, allant jusqu'à le railler que Dieu l'avait abandonné.
20) Pendant ces trois ans d'interruption et d'attente, le Prophète s'adonna de plus en plus à la prière et aux pratiques spirituelles. Les révélations reprirent alors: Dieu lui assura qu'il ne l'avait point abandonné, mais qu'au contraire, c'était lui qui l'avait guidé sur le droit chemin; Qu'il n'avait donc qu'à se soucier des orphelins et des mendiants, et à proclamer le bienfait divin (Coran ch. 93). C'était donner ordre de prêcher. Une autre révélation l'appela à dire aux hommes les menaces que faisaient peser sur eux leurs mauvaises mours, à les exhorter à n'adorer que le Dieu unique, et à abandonner tout ce qui irriterait Dieu (Coran ch. 74. Verset. 2-7). Puis, une autre révélation lui ordonna d'avertir ses proches parents (Coran ch. 26 Verset 214) et ensuite {Proclame ouvertement ce qui t'est ordonné et détourne-toi des associateurs (polythéistes) , Nous te suffisons vis-à-vis de ceux qui se moquent} (Coran ch.15 verset:94-95).
Mission : Haut de page
21) Il commença par répandre son message secrètement parmi ses amis intimes, puis parmi sa tribu, et ensuite publiquement dans la ville et ses alentours. Son appel s'attaqua tout d'abord à l'idolâtrie, au polythéisme et à l'athéisme: Il insista sur la nécessité de croire en un Dieu Unique, et Transcendant, à la Résurrection et au Jugement Dernier, et il Invita à la charité, à la bienfaisance. Il prit soin que les révélations reçues par lui fussent consignées par écrit et apprises par cour, par ses disciples, et ce travail de transcription continua toute sa vie, puisque le Coran ne fut pas révélé tout à la fois, mais fragmentairement, chaque révélation répondant à une circonstance particulière.
22) Peu à peu, le nombre des partisans s'accrut, et avec la dénonciation du paganisme, l'opposition augmenta aussi de la part de ceux qui fermement attachés à leurs croyances ancestrales. L'opposition dégénéra peu à peu en persécution physique, aussi bien contre le prophète, que contre ceux qui était convertis à sa religion: On les mettait sur le sable brûlant d'été, on les cautérisait, on les enfermait avec des chaînes aux pieds; d'aucuns furent tués, mais personne ne voulait renoncer à la foi, après l'avoir connue. Désespérant des dirigeants de la cité, le Prophète conseilla aux siens de quitter leur ville natale et de se réfugier à l'étranger, en Abyssinie "Où règne un roi juste, chez qui personne n'est opprimé" Des dizaines de fidèles en profitèrent, mais pas tous, il fallait s'attendre à un accroissement de la persécution en raison de ces évasions.
23) Mohammed appela sa religion "islam", c'est à dire: Soumission à la volonté de Dieu. Elle a deux traits distinctifs :
1°) elle établit un équilibre harmonieux entre le temporel et le spirituel, entre le corps et l'esprit; par-là, elle permet la parfaite jouissance des biens créés par Dieu, tout en enjoignant à tous, les devoirs envers Dieu: la prière, le jeûne, la charité; ainsi l'islam se pose comme la religion des masses, et non pas seulement comme une religion des élites;
2°) son appel est universel, tous les croyants sont frères, tous sont égaux, sans distinction de classe, race ou langue; la seule supériorité possible est d'ordre individuel: elle est basée sur la plus grande crainte de Dieu, sur la plus grande piété.
Boycottage social : Haut de page
24) A la suite de l'émigration d'un grand nombre de Musulmans mecquois en Abyssinie, les chefs du paganisme envoyèrent un ultimatum aux Banou-Hachim (les fils de Hachim), tribu du Prophète, leur enjoignant de l'excommunier et de le livrer aux païens pour être décapité. Tout le monde dans la tribu, converti à l'islam ou non, rejeta cette exigence (toutefois Abou Lahab, un des oncles du Prophète, fit détection, et quitta la tribu pour participer à la persécution de sa propre tribu de la part des païens). La cité décida alors un boycottage complet de cette tribu: Personne ne devait parler à ses membres, ni avoir des rapports commerciaux ou matrimoniaux avec eux. Les tribus habitant aux alentours de la Mecque, alliées des Mecquois, adhérèrent elles aussi à ce boycottage total, causant une misère noire chez leurs victimes innocentes, enfants, femmes, vieillards, sans distinction. Certains moururent; mais personne ne voulut livrer le Prophète à ses persécuteurs. Après trois dures années, pendant lesquelles les victimes furent obligées de consommer même les peaux hachées des bêtes, quatre ou cinq non-Musulmans, plus humains que les autres, et appartenant à des clans différents, proclamèrent publiquement leur désaveu du boycottage injuste. Au même moment, le pacte de boycottage, suspendu dans le temple (la Kaabah) était trouvé, comme le Prophète l'avait prédit, rongé par les termites, miraculeusement; seuls les noms de Dieu et de Mohammed étaient épargnés. L'interdiction fut levée; mais par suite des privations, la femme et l'oncle Abou-Talib du Prophète moururent peu de temps après. L'autre oncle, Abou-Lahab, ennemi acharné de l'Islam, devint alors chef de la tribu dû Prophète.
L'Ascension : Haut de page
25) C'est à ce moment que le Prophète eut son ascension (mi'raj) Il a été reçu au ciel par Dieu, il visita les merveilles du monde céleste, et rapporta à sa communauté, comme cadeau divin, la prière Islamique, véritable communion entre l'homme et Dieu. (Notons toute fois que les Musulmans évitent d'employer, comme prêtant à équivoque, ce terme chrétien " communion " qui implique " participation à la divinité ", chose que l'Islam trouve prétentieuse, donc inadmissible). Pour réaliser cette communion à la présence Réelle de Dieu. le Musulman se sert dans la dernière partie de l'Office, non pas d'objet matériels comme dans d'autres religions, mais de cet échange de salutations qui eut lieu entre Dieu et Mohammed lors de l'ascension (mi'raj) du Prophète: "Salutation à Dieu, bénies et pures La paix sur toi, ô Prophète, et la miséricorde et les bénédiction de Dieu La paix sur nous et sur ceux des serviteurs de Dieu qui se comportent proprement"
26) La nouvelle de cette rencontre céleste ne put qu'accroître l'hostilité de la part des païens, et le Prophète dut quitter sa ville pour chercher asile ailleurs. Il se rendit à Tâïf, chez ses parents, niais les païens de Tâïf le chassèrent à coups de pierres, le blessèrent même et le contraignirent à rentrer à la Mecque.
Emigration à Médine Haut de page
27) Le pélerinage annuel de la Kaabah amenait à la Mecque des Arabes de tous les points de la Péninsule. Mohammed chercha alors à persuader, une tribu quelconque de lui donner asile chez elle et de lui permettre sa mission de réforme. Les quinze contingents de tribus, qu'il visita l'un après l'autre, refusèrent tous, plus ou moins brutalement. Il ne désespéra point; en dernier lieu, il rencontra une demi-douzaine de Médinois. Voisins des Juifs et des Chrétiens, ils avaient la notion des Prophètes et des messages révélés: Ils savaient aussi, que ces "peuples des livres divins" attendaient la venue d'un prophète, d'un dernier consolateur, ils voulurent donc ne pas perdre l'occasion de devancer les autres: ils ajoutèrent foi aussitôt à Mohammed, lui promirent de chercher à Médine d'autres adhérents et l'appui nécessaire. L'année suivante une douzaine de Médinois lui prêtèrent serment de fidélité et lui demandèrent un missionnaire-enseignant. L'activité de ce dernier, Mus'ab, réussit si bien, qu'il conduisit un contingent de soixante treize nouveaux convertis à la Mecque, lors du pélerinage suivant. Ceux-ci invitèrent le Prophète, ainsi que les autres Musulmans mecquois, à immigrer en leur ville, promettant de les protéger et de les traiter comme les membres de leurs propres familles. Clandestinement et par petits groupes, la plus grande partie des Musulmans émigra à Médine. Les païens non seulement confisquèrent les biens laissés par les émigrants, mais préparèrent un complot pour assassiner le Prophète. Mohammed ne put plus rester chez lui. Rappelons que malgré leur hostilité à Sa mission, les païens avaient confiance en sa probité, à tel point que beaucoup d'entre eux déposaient chez lui leurs épargnes. Mohammed confia ces dépôts à un de ses cousins Ali, pour qu'il les remette à leurs propriétaires; puis il quitta clandestinement la ville, en compagnie de son ami fidèle Abou-Bakr, et après maintes aventures réussit à se rendre à Médine, sain et sauf.
Nous sommes en l'an 622; c'est ici que commence l'ère de l'Hégire.
Réorganisation de la communauté : Haut de page
28) Pour mieux intégrer les immigrés, le Prophète les unit par une sorte de contrat de fraternité, à un nombre égal de Médinois, parmi les plus riches les familles des deux frères contractuels travaillaient ensemble pour gagner leur vie, et s'entre aidaient dans tous les domaines.
29) Il décida ensuite que le développement total de l'homme serait mieux atteint, si l'on coordonnait la religion et la politique, comme deux éléments d'un seul tout. Il appela alors les représentants des Musulmans, ainsi que ceux des non-musulmans de la région: Arabes, Juifs, Chrétiens et autres, leur suggéra la création d'une cité-état à Médine. D'accord avec eux, il la dota d'une constitution écrite, la première de ce genre, dans le monde, où l'on définit les devoirs et les droits des citoyens et du chef de l'état, et l'on choisit Mohammed, à l'unanimité, comme tel; on abolit la coutume de la justice privée, le soin en revenant dorénavant à l'organisme central de la communauté des citoyens toute entière: on précisa les principes de la défense et de la politique étrangère, on établit un système d'assurances sociales pour les responsabilités trop lourdes: et l'on confia à Mohammed le dernier mot dans tous les litiges: Il n'y avait pas de limites à son pouvoir de législation. On reconnut explicitement la liberté religieuse, surtout pour les Juifs, et l'acte constitutionnel leur accorda l'égalité avec les Musulmans, en tout ce qui concerne la vie d'ici-bas.
30) Après quoi, Mohammed fit de nombreuses sorties, pour tâcher de rallier les tribus avoisinantes et de conclure avec elles des traités d'alliance et d'entre aide. Avec leur concours, il décida d'exercer une pression économique sur les païens de la Mecque, qui avaient confisqué les biens des Musulmans émigrés et causé d'innombrables dommages. L'entrave au transit, dans la région médinoise, des caravanes commerciales de la Mecque, exaspéra les païens, et une lutte sanglante s'ensuivit.
31) Au milieu des soucis que causait la défense des intérêts matériels de la communauté, l'aspect spirituel ne fut point oublié; à peine un an après l'émigration à Médine, fut imposée la discipline spirituelle la plus rigoureuse: le Jeûne annuel pendant tout le mois de Ramadan devint obligatoire pour tous les Musulmans adultes, hommes et femmes.
Lutte contre l'intolérance et l'incroyance Haut de page
32) Non contents de l'expulsion de leurs concitoyens Musulmans, les Mecquois envoyèrent aux Médinois l'ultimatum de retirer toute protection à Mohammed et à ses compagnons ou de les expulser; évidemment sans succès. Quelques mois plus tard, en l'an 2 de l'Hégire, ils envoyèrent une puissante armée contre le Prophète; la rencontre eut lieu à Badr et les païens, trois fois plus nombreux que le groupe des Musulmans conduits par le Prophète, furent mis on déroute. Au bout d'un an de préparatifs, les Mecquois envahirent Médine pour se venger de la défaite de Badr. L'ennemi était quatre fois plus nombreux que les Musulmans; après une sanglante rencontre à Uhud, il se retira et rien ne fut décisif. Les mercenaires aminés par les païens ne voulaient pas trop courir de risques.
33) Entre temps, les citoyens Juifs de Médine commencèrent à donner du souci: à la victoire de Badr, un de leurs grands chefs, Ka'b ibn al-Achraf, s'était rendu à la Mecque, pour montrer se solidarité avec les païens, et pour les Inciter à une guerre de revanche. Après la bataille d'Uhud, les juifs de sa tribu formèrent un complot pour assassiner le Prophète. Ils l'invitèrent à venir chez eux, avec trois ou quatre de ses compagnons, disant qu'ils étaient tous disposés à embrasser l'islam Si le Prophète parvenait à convaincre leurs rabbins lors d'une discussion des questions religieuses. (Une Arabe, qui s'était mariée avec un Juif de cette tribu, en tit part secrètement à son frère à elle, et ainsi le complot ne put pas être mis à exécution. As-Samhoudi, qui en parie sur l'autorité des sources classiques, ajoute qu'il y a une autre version de l'attentat, citée par lbn is'hâq, mais que la présente version est plus authentique) Malgré cela, Mohammed se contenta de demander aux membres de cette tribu de quitter la région Médinoise, en emportant leurs biens, vendant leurs immeubles et récupérant leurs créances. La clémence n'eut qu'un effet contraire : à partir de Khaibar, les expulsés se mirent en con- tact non seulement avec les Mecquois, mais aussi avec les tribus du Nord, du Sud et de l'Est de Médine, achetèrent leur aide militaire, et organisèrent une attaque sur Médine, quatre fois plus puissante que celle d'Uhud. Les Musulmans se pré- parèrent pour un siège, creusèrent un fossé et se défendirent contre l'épreuve la plus dure; mais la défection des Juifs restés dans la ville bouleversa toute la stratégie. Un habile diplomate parvint à désunir les coalisés, qui se retirèrent l'un après l'autre.
34) Les boissons alcooliques et les jeux de hasard furent alors déclarés interdits aux Musulmans.
Réconciliation : Haut de page
35) Mohammed essaya alors de se réconcilier avec les Mecquois, et se rendit à Hudaibiyah, pas très loin de la Mecque La coupure de leur chemin caravanier du Nord avait ruiné leur économie. Mohammed leur promit la sécurité du transit, l'extradition de leurs fugitifs qui se seraient rendus chez lui. et toute autre condition qu'ils désirèrent. Il accepta même de rentrer à Médine, sans avoir pu faire le pélerinage de la Kaâba. Les deux parties contractantes promirent à Hudaibiyah non seulement la paix, mais aussi la neutralité dans les conflits avec les tiers.
36) Profitants de la paix, le Prophète déploya une activité intense pour la propagation de sa religion: Outre ses efforts dans l'Arabie, il adressa des lettres missionnaires aux souverains étrangers de Byzance, de la Perse (l'Iran), de l'Abyssinie et autres. Le prêtre "autocrator" (le "Dog hâture" des Arabes) de Byzance embrassa l'islam et fut lynché par la foule; le Préfet de Ma'ân (Palestine), pour avoir fait la même chose, fut mis à mort et crucifié par l'empereur. Un ambassadeur Musulman fut assassiné en Palestine Syrie, et, au lieu de punir le coupable. l'empereur courut avec ses armées pour le protéger contre l'expédition punitive envoyée par le Prophète (bataille de Mu'tah).
37) Les païens de ka Mecque profitèrent des difficultés des difficultés des Musulmans et violèrent le traité de la paix. Le Prophète conduisit lui-même une armée de dix-mille hommes, et surprit la Mecque qu'il occupa sans coup férir. Conquérant bienveillant, il rassembla la population de la ville, lui rappela ses méfaits: Persécution religieuse, confiscation injustes des biens des réfugiés invasions répétées, vint-ans d'hostilité insensée; puis leur posa la question: "Qu'attendez-vous de moi?" Comme tous baissaient la tête avec honte, Mohammed proclama: "Que Dieu vous pardonne, allez en paix; nulle charge contre vous aujourd'hui, vous êtes libres" Il renonça même aux biens que les païens avaient confisqués aux Musulmans. Cela transforma l'état psychologique et lorsqu'un chef mecquois s'avança spontanément vers Mohammed, à la suite de sa déclaration d'amnistie, pour se convertir à l'Islam, Mohammed lui dit: "Je te nomme gouverneur de la Mecque". Sans laisser un seul soldat médinois ou autre, le Prophète rentra à Médine. L'lslamisation de la Mecque, achevée en quelques heures, fut complète et sincère.
38) La ville de Tâïf se mobilisa alors pour combattre le Prophète; avec quelques difficultés, l'armée ennemie fut dispersée dans la vallée de Hunaïn, mais les Musulmans préférèrent lever le siège de Tâïf et employer plutôt les moyens pacifiques pour briser la résistance de cette région. Moins d'un an après, une délégation de Tâïf se rendit à Médine pour annoncer son ralliement à l'Islam. Elle demanda d'abord l'exemption des prières, des taxes, du service militaire, et aussi l'autorisation de l'adultère, des boissons alcooliques; elle demanda encore la conservation du temple de l'idole Lât, à Tâïf. L'islam n'était pas un mouvement matérialiste immoral; la délégation eut honte de ses propres demandes concernant les prières, l'adultère et le vin: le Prophète leur concéda l'exemption du paiement des taxes et du service militaire, et ajouta: «Vous n'avez pas besoin de démolir l'idole de vos mains, nous enverrons des agents d'ici pour s'en occuper; s'il s'ensuit des malheurs, comme vous le font redouter vos superstitions, ce sont eux qui les subiront». Ainsi, le Prophète montrait quelle sorte de concessions on petit concéder aux convertis de fraîche date. La conversion des Tâîfites fut si sincère que, quelques mois plus tard, ils renoncèrent d'eux-mêmes aux exemptions contractées, comme nous le voyons par la nomination par le Prophète, d'un collecteur d'impôts chez eux, à l'instar des autres régions Islamisées.
39) Durant ces dix années de "guerre", les non-Musulmans avaient perdu sur les champs de bataille, en tout et pour tout, quelques 250 tués; les Musulmans encore moins. Incision bénigne, grâce à quoi le continent de l'Arabie, avec ses millions de kilomètres carrés, fut guéri de l'abcès de l'immoralité. Dans ces dix ans de lutte désintéressée, toutes les populations de la péninsule Arabique et des régions méridionales de la Palestine et de l'Iraq embrassèrent volontairement l'Islam; (certains groupes chrétiens, juifs et mages voulurent conserver leurs croyances, et on leur donna toute liberté de conscience ainsi que l'autonomie juridique et judiciaire).
40) En l'an 10 H., lorsque Mohammed se rendit à la Mecque pour le Hajj (pélerinage), il y rencontra 140.000 autres fidèles, venus de tous les coins de l'Arable, pour l'accompagner dans le devoir religieux. Il leur adressa un sermon célèbre, où il résuma tout son enseignement: "croyance au Dieu unique sans icônes ni autres symboles; égalité des croyants sans distinction de race ni de classe, sens autre supériorité qu'individuelle basée sur la piété; protection de la vie, des biens et de l'honneur de tous les êtres; abolition du prêt à Intérêt (même non usuraire), abolition des vendettas et de la justice privée; meilleur traitement des femmes, obligation de répartir l'héritage entre les proches parents des deux sexes, excluant toute possibilité de cumul dés richesse entre les mains d'un petit nombre: rôle, conféré au Coran et au comportement du Prophète, de loi et critère en toute question de la vie humaine".
41) A son retour à Médine, il tomba malade et quelques semaines plus tard il eut la satisfaction, avant de rendre le dernier soupir, d'avoir bien accompli la tâche à lui confié de faire parvenir au monde le message divin.
42) Il a légué à la postérité une religion de monothéisme pur; il a crée de toutes pièces un état délivré de l'anarchie du bellum omnium contra omnes; il a établie une coordination harmonieuse entre le spirituel et le temporel, entre la mosquée et la citadelle; il a laissé un nouveau système de droit, qui dispense une justice impartiale, à laquelle le chef d'Etat lui même est assujetti au même titre qu'un homme du commun, et où la tolérance religieuse va si loin que les habitants non Musulmans du pays Islamique jouissent d'une complète autonomie juridique, judiciaire et culturelle. Quant aux revenus de l'Etat, le Coran en avait codifié la gestion: bien loin d'être la propriété du chef, ils servent avant tout aux pauvres. Ajoutons, pour finir, que Mohammed fut un parfait pratiquant de son propre enseignement.
Par:Par le Dr. Mohammed Hamidollah.
e Dernier sermon du prophète
Muhammad (paix soit sur lui)
Ce sermon fut récité le neuvième jour de zoul houja 10 a.h dans la vallée uranah du mont arafat :
Après avoir loué et remercié Dieu, le prophète (paix soit sur lui) dit :
"O peuple ! Prêtez-moi une oreille attentive, car je ne sais pas si je serai encore parmi vous l'an prochain. Alors, écoutez ce que je dis avec beaucoup d'attention et transmettez ces mots à ceux qui ne pouvaient être présents aujourd'hui.
O peuple ! Tout comme vous considérez ce mois, ce jour, cette cité sacrée, considérez aussi la vie et la propriété de tout Musulman comme sacrées. Rendez les biens qu'on vous a prêtés à leurs propriétaires de droit. Ne faites de mal à personne de façon à ce qu'on ne vous fasse pas de mal. Souvenez-vous qu'un jour vous rencontrerez votre Seigneur et Il vous demandera des comptes sur vos actions en ce monde. Dieu vous a interdit l'usure. Alors, toute obligation usuraire doit désormais être annulée. Votre capital est à vous. Vous n'infligerez ni souffrirez d'aucune inéquité. Dieu a jugé qu'il n'y devait pas y avoir d'intérêt et que tout intérêt du à Abbas Ibn 'Abda'Al Muttalib (l'oncle du prophète) doit être annulé.
Tous les droits (à la vengeance) découlant des homocides de la période pré-islamique sont désormais annulés et les premiers que j'abolis sont ceux qui découlent du meurtre de Rabiah Ibn Al Harith (un proche du prophète)
O peuple ! Les incroyants jouent avec le calendrier afin de rendre permissible ce que Dieu a interdit et interdire ce que Dieu a permis. Selon Dieu, les mois sont au nombre de douze. Quatre d'entre-eux sont saints. Trois d'entre-eux sont successifs et un survient entre les mois de Jumada et de Shaban
Faites attention au Diable, pour le bien de votre religion. Il a perdu tout espoir de vous égarer par les grands péchés, alors faites attention de le suivre dans les petits péchés.
O peuple ! Il est vrai que vous avez des droits sur vos femmes, mais elles ont aussi des droits sur vous. Souvenez-vous que vous les avez prises comme femmes seulement avec la permission et de Dieu et en remplissant un pacte avec Lui. Si elles vous restent fidèles, alors il leur revient le droit d'être nourries et vêtues dans la gentillesse. Traîtez bien vos femmes et soyez gentils avec elles, car elles sont vos partenaires et vos assistantes dévouées. Et c'est votre droit qu'elles ne fréquentent pas des gens que vous n'approuvez pas, ainsi que de ne jamais être infidèles. O peuple ! Écoutez-moi avec sincérité. Adorez Dieu, accomplissez vos cinq prières quotidiennes, jeûnez pendant le mois du Ramadan et donnez de votre bien en Zakat (charité). Faites le Hajj (pèlerinage), si vous le pouvez.
Toute l'humanité descend de Adam et Eve. Un Arabe n'est pas supérieur à un non-Arabe et un non-Arabe n'est pas supérieur à un Arabe. Un blanc n'est pas supérieur à un noir et un noir n'est pas supérieur à un blanc - seulement par la piété et la bonne action. Sachez que chaque Musulman est le frère de chaque Musulman et que les Musulmans constituent une fraternité. Le bien d'autrui n'est pas légitime pour un Musulman excepté celui que son frère lui donne de plein gré. Alors, ne vous faites pas d'injustice à vous-mêmes. Souvenez-vous qu'un jour vous rencontrerez Dieu et répondrez pour vos actions en ce monde. Alors faites attention ! Ne vous égarez pas du chemin de la piété après mon départ.
O peuple ! Aucun prophète ou messager ne viendra après moi et aucune nouvelle croyance ne naîtra. Raisonnez bien alors, O peuple, et comprenez les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses : le Coran et ma Sounna et si vous les suivez, vous ne vous égarerez jamais.
Tous ceux qui écoutent devront transmettre mes paroles aux autres et les autres, à d'autres encore, de façon à ce que les derniers comprennent mes paroles encore mieux que ceux qui m'écoutent directement. Sois témoin, O Dieu, que j'ai transmis Ton message à Ton peuple".
Quelques paroles du prophéte Mohammed pbsl:
* sur l'importance de la mère
Une personne est venu au messager de Dieu et dit : "Qui, de tout le monde, mérite le meilleur traitement de ma part ?" Le prophète (paix soit sur lui) répondit : "ta mère". L'homme dit : "et ensuite ?". Le prophète répondit : "ta mère". L'homme demanda encore "et ensuite ?". Le prophète répondit : "ta mère". L'homme demanda une quatrième fois. Le prophète répondit : "et ensuite ton père".
Le paradis est aux pieds de la mère.
* sur l'importance d'acquérir des connaissances
Quiconque voyage en quête de connaissance, Dieu le dirigera sur une route du paradis.
Celui qui voyage en quête de connaissance est dans le sentier de Dieu jusqu'à son retour.
La recherche de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans.
* sur la compassion et la charité
Celui qui n'a aucune compassion pour les autres, Dieu, le très Haut, le Glorieux, n'aura pas de compassion pour lui.
Quiconque dépense un seul écus comme charité pendant sa vie est meilleur que celui qui donne sa fortune lorsque vient l'heure de sa mort.
* sur la piété et la foi
Quiconque aime rencontrer Dieu, Dieu aussi aime le rencontrer et quiconque déteste rencontrer Dieu, Dieu aussi déteste le rencontrer
Le monde (d'ici-bas) est une prison pour le croyant et un paradis pour l'incroyant
Le paradis est entouré d'obstacles et le feu de l'enfer est entouré de tentations
* sur la colère et le contrôle de soi
L'homme fort n'est pas celui qui se bat bien. L'homme fort est celui qui sait dominer sa rage.